01Pluie sur neige : la réponse courte
La pluie sur neige est une pluie qui tombe sur le manteau neigeux : elle y ajoute de l'eau liquide, l'alourdit et diminue la cohésion de la neige. Des avalanches de neige humide partent alors surtout seules, presque aussitôt sur de la neige fraîche, sur toutes les orientations sous la limite pluie-neige. Dans le BERA, cherche « neige humide ».
La limite pluie-neige est l'altitude sous laquelle la pluie l'emporte sur la neige ; le manteau neigeux, l'ensemble des couches de neige accumulées au sol depuis le début de l'hiver. Chaque règle de sécurité citée plus bas vient d'une source datée : l'EAWS, le SLF ou Météo-France.
02Ce que la pluie fait au manteau neigeux
Humide ou mouillée ? Le glossaire de l'EAWS (l'association des services européens de prévision des avalanches) distingue deux états d'une neige à 0 °C. Neige humide : « L'eau n'est pas visible et on ne peut pas la faire sortir en pressant la neige. Il est facile d'en faire une boule. » Neige mouillée : « L'eau est visible et on peut la faire sortir en pressant la neige. »
Elle apporte de l'eau liquide. L'EAWS décrit la situation « Neige humide » dans une fiche approuvée par son assemblée générale à Davos en 2022 : « Cette situation est liée à la déstabilisation du manteau neigeux du fait de la présence d'eau liquide. Cette dernière provient de la fonte de la neige et/ou de la pluie. »
Elle affaiblit la neige. Quand la neige atteint 0 °C, le glossaire de l'EAWS parle de métamorphisme de fonte : « Il se forme alors un mélange de cristaux de glace et d'eau liquide, et la cohésion de la neige diminue. » La cohésion, c'est ce qui soude les grains entre eux.
Elle pèse et elle s'infiltre. Pour les plaques de neige humide, la fiche EAWS cite deux mécanismes : la « Fragilisation et rupture d'une couche fragile existante ou accumulation d'eau liquide à une interface ». Une couche fragile est une couche peu soudée, enfouie sous des couches plus solides ; une interface est la limite entre deux couches. La fiche ajoute : « La pluie représente également une charge supplémentaire. »
Pour la place des couches fragiles dans le manteau, voir la stabilité du manteau neigeux.
03Coulées, plaques, glissement : les avalanches de neige humide
La fiche EAWS annonce deux types d'avalanches pour la neige humide, les « Avalanches de plaque de neige humide » et l'« Avalanche de neige non cohésive humide », avec « Principalement départs spontanés ». Un départ spontané est une avalanche qui part sans intervention humaine. Une coulée part d'un point, puis son écoulement « s'élargit vers le bas en forme de poire » (glossaire EAWS). Coulées et plaques humides sont toutes deux des avalanches de neige mouillée : « Avalanche constituée de neige mouillée (humide) », dit le glossaire.
| Type | Comment elle part | Ce qu'en disent les sources |
|---|---|---|
| Coulée de neige humide (neige non cohésive) | D'un point, puis s'élargit | EAWS : « Perte de cohésion entre les grains de neige humide » |
| Plaque de neige humide | Une couche entière se détache | EAWS : la rupture se fait « souvent au niveau de couches fragiles préexistantes » |
| Avalanche de glissement (de fond) | Tout le manteau glisse sur le sol | Une situation à part pour l'EAWS ; le SLF note qu'au printemps, quand tout le manteau est à 0 °C, « l'eau de fonte et la pluie peuvent traverser tout le manteau et humidifier la base » |
Plus lente, mais lourde. Le glossaire EAWS dit de l'avalanche de neige mouillée : « Elle s'écoule plus lentement que les avalanches de neige sèche et, pour cette raison, peut présenter une longueur d'écoulement plus courte. Cependant, du fait d'une densité de la neige plus élevée, exerce une pression considérable sur les obstacles. » Météo-France donne des vitesses « de l'ordre de 20 à 60 km/h, mais ces avalanches ont un grand pouvoir d'érosion et, pour les plus importantes, une grande puissance dévastatrice ». Leurs dépôts, « parfois de plusieurs mètres d'épaisseur, sont constitués de blocs informes de neige très dense ».
Rarement déclenchée par un skieur : c'est un piège. Le SLF écrit : « Les avalanches mouillées ne sont que rarement déclenchées par des personnes, et pour les avalanches de glissement, ce n'est pratiquement pas possible. » Rarement ne veut pas dire jamais ; mais le danger vient surtout d'avalanches qui partent seules (« Principalement départs spontanés », EAWS), au-dessus de toi ou au-dessus de la trace.
04Quand : pendant la pluie, juste après, et la première fois
Vite. La fiche EAWS donne une durée « Durant quelques heures à quelques jours » et prévient : « La perte de stabilité peut être rapide. » Dans ses conseils, elle ajoute : « L'occurrence de pluie sur de la neige fraîche peut conduire à des déclenchements d'avalanche quasi immédiats. »
La première fois compte plus. Toujours selon l'EAWS : « La première humidification atteignant des couches enfouies est particulièrement critique, ce qui peut se produire dès lors que le manteau neigeux est à 0°C. »
La pluie n'a pas d'horaire. Pour l'EAWS, « Les départs spontanés peuvent être plus probables au cours de la journée selon l'orientation (sauf si le facteur dominant est lié à la pluie). » Notre lecture : quand l'eau vient de la fonte, l'heure de la journée compte ; quand elle vient de la pluie, l'heure ne protège pas : le danger est là pendant la pluie et peut durer après, de jour comme de nuit.
La nuit compte aussi. L'EAWS : « Si la neige humide regèle durant la nuit en raison d'un ciel dégagé et de températures froides et forme une croûte solide à la surface du manteau neigeux, des conditions favorables seront généralement présentes le matin. A l'inverse, en cas de nuits chaudes et nuageuses, le problème se pose souvent dès le matin. » Le regel est ce gel nocturne de la neige humidifiée la veille.
Pas seulement au printemps. Le cycle de fonte printanier est décrit dans la neige de printemps et le cycle gel-dégel ; mais une pluie d'hiver suffit : l'exemple du BERA présenté plus bas date d'un 11 février.
05Pluie ou soleil : où se trouve le danger
L'EAWS oppose les deux sources d'eau : « Quand l'humidification est due à la fonte, ces situations avalancheuses sont souvent liées à l'orientation (rayonnement solaire) et l'altitude (température de l'air) de la pente. En cas de pluie, la situation avalancheuse affecte toutes les orientations (en dessous de la limite pluie‐neige). »
| Fonte (soleil, air chaud) | Pluie | |
|---|---|---|
| Orientations touchées | Souvent liées au soleil reçu par la pente | Toutes, sous la limite pluie-neige |
| Altitude | Liée à la température de l'air | Sous la limite pluie-neige |
| Moment | Départs plus probables au fil de la journée, selon l'orientation | L'heure compte peu (EAWS : « sauf si le facteur dominant est lié à la pluie ») ; le danger peut durer après la pluie |
| Où le lire dans le BERA | Orientations et altitudes de la situation « neige humide » | Aussi la ligne « Pluie-Neige » de l'aperçu météo |
La limite pluie-neige est détaillée dans la limite pluie-neige ; l'isotherme 0 °C, ou iso 0, est l'« Altitude à laquelle la température de l'air est de 0°C » (glossaire EAWS) : voir l'isotherme 0 degré. Sous la pluie, un versant nord ne protège donc pas. Pour le lien entre soleil, orientation et heure, voir orientation, altitude et conditions de neige.
06La pluie sur neige dans le BERA : la situation « neige humide »
Le nom à chercher. Le BERA (bulletin d'estimation du risque d'avalanche de Météo-France) est rédigé la veille : « Rédigés vers 16 h, ce sont des prévisions jusqu'au lendemain soir », dit Météo-France. Il affiche une ligne « Situation avalancheuse typique ». Le Guide avalanche 2025 de Météo-France y range la pluie sur neige sous le nom « neige humide », avec la même définition que l'EAWS. Le vocabulaire varie selon le pays :
| Source | Nom de la situation | À savoir |
|---|---|---|
| Météo-France (BERA) | neige humide | Une des cinq situations typiques européennes |
| EAWS, glossaire français | Neige humide (situation avalancheuse typique) | Le nom européen commun |
| SLF (bulletin suisse) | Neige mouillée | Regroupée avec la neige de glissement sous « Avalanches mouillées » ; « on indique généralement l'altitude au-dessous de laquelle elles se produisent principalement » |
Le bulletin a aussi un aperçu météo, « une brève information sur les paramètres prévus ayant une influence sur l'état du manteau neigeux » (Météo-France). Sa ligne « Pluie-Neige » dit jusqu'où il pleut (nuit, matin, après-midi, soir), la ligne « Iso 0 °C » l'altitude du 0 °C ; leur lecture est détaillée dans la limite pluie-neige.
Un exemple réel, lu ligne à ligne. Voici le BERA du massif de Belledonne du mercredi 11 février 2026 (émis le 10 à 16 h). C'est un bulletin ancien, montré pour apprendre à le lire, pas pour juger des conditions d'aujourd'hui.
| Ligne du BERA | Citation | Ce qu'on en tire |
|---|---|---|
| Titre | « COULEES HUMIDES SOUS LA PLUIE A PLUS BASSE ALTITUDE » | La pluie est annoncée dès le titre |
| Niveau de risque | « Au-dessus de 1700m indice de risque fort, plus bas indice marqué. » | 4 sur 5 en haut, 3 sur 5 en bas |
| Situations typiques | « neige fraîche » et « neige humide » | Deux dangers le même jour |
| Limite de la pluie | « Pluie jusqu'à 1900/2000m côté Grésivaudan, 1700/1800m versant est. » | Elle change selon le côté du massif |
| Départs spontanés | « Sous 1800m principalement : Nombreuses avalanches de tailles petites à moyennes sous la pluie » | Les avalanches partent seules, sans skieur |
| Qualité de la neige | « Neige pourrie par la pluie sous 1500m. » | La pluie a déjà détrempé le bas |
Deux détails du texte valent d'être lus en entier. Les avalanches sous la pluie étaient attendues « notamment dans les versants où la neige est restée froide jusqu'ici (les pentes au soleil ont souvent déjà été purgées) » : c'est, à notre lecture, la « première humidification » dont parle l'EAWS. Et le bulletin annonçait des « Petites coulées sur les talus pouvant très localement atteindre une route » : même une petite coulée de talus peut atteindre une route en contrebas.
Appliquer ce bulletin à une sortie (notre lecture, appuyée sur l'EAWS). Prenons le Dôme de la Coche (sommet 2 134 m, 920 m de dénivelé), la Croix de Belledonne (2 926 m, 1 800 m) et la Croix de Chamrousse (2 250 m, 623 m). Altitude du sommet moins dénivelé : ils partent vers 1 100 à 1 650 m (un calcul approximatif : le dénivelé peut inclure des remontées, le départ réel peut être plus haut). Ce jour-là, leur bas était dans la tranche des avalanches spontanées sous la pluie, leur haut dans le risque fort : aucun horaire ni aucune orientation ne sortait de la zone à risque. Notre décision aurait été de renoncer.
Météo-France le rappelle : il faut « prendre connaissance de l'intégralité du BERA et ne pas s'en tenir au seul indice chiffré ». Dans le bulletin suisse, le SLF note même que, pour un danger limité d'avalanches mouillées, des « avalanches spontanées de grande taille » sont possibles. Pour lire le reste du bulletin, voir comment lire le BERA de Météo-France ; pour la place de la neige humide parmi les cinq situations, voir les problèmes avalancheux typiques ; pour le massif, voir le bulletin de Belledonne.
07Les signes de neige humide sur le terrain
Contrairement aux couches fragiles persistantes, « particulièrement difficiles à détecter », la fiche EAWS dit de la neige humide : « Cette situation est en général aisément détectable. » Elle poursuit : « L'occurrence de pluie, de petites avalanches de neige humide et de formes de fonte en surface (par exemple boulettes, « escargots ») sont souvent des précurseurs d'avalanches de neige humide. Un enfoncement du pied ou du ski en profondeur est un signe additionnel d'humidification accentuée. » Concrètement :
- La pluie elle-même, ou une neige fraîche qui tourne à la pluie.
- De petites avalanches de neige humide sur les pentes voisines.
- Des boulettes et des « escargots » : de petites boules ou roues de neige qui roulent seules sur la pente.
- Un pied ou un ski qui s'enfonce profondément dans une neige qui ne porte plus.
Les questions que Météo-France reprend des conseils de la Commission communication de l'Anena (FFCAM, FFME, Météo-France, ANENA) vont dans le même sens : « Le regel est-il important ? La neige montre-t-elle des signes d'humidification ? » et « Le temps est-il en train de changer ? Renforcement du vent ; arrivée de brouillard ou de pluie... »
Les fissures de glissement, que le SLF appelle « gueules de poisson », sont pour l'EAWS « souvent un signe de problème d'avalanches de fond ». Mais leur présence « n'indique pas pour autant un déclenchement imminent », et « Des déclenchements sans fissures préexistantes sont également courants » : pas de fissure ne veut pas dire pas de danger.
Ces signes s'ajoutent au bulletin ; ils ne le remplacent pas. Pour les signes propres aux plaques sèches, voir la plaque à vent.
08Que faire quand il pleut sur la neige
1. Lire le bulletin et la météo la veille. Note si « neige humide » figure parmi les situations typiques, à quelles orientations et altitudes, et jusqu'où l'aperçu météo annonce la pluie. Le bulletin du jour se trouve sur le site de Météo-France (en Suisse, sur celui du SLF). Pour juger une prévision, voir la météo montagne fiable.
2. Choisir l'itinéraire et l'horaire. C'est le conseil central de l'EAWS : « Dans cette situation de neige humide, le choix de l'itinéraire et de l'horaire de passage sont particulièrement importants. »
3. Regarder au-dessus et en dessous de la trace. L'EAWS ajoute : « Attention aux zones de départ, de propagation et de dépôt des avalanches. » La zone de départ est l'endroit où la neige casse, la zone de propagation la trajectoire où elle s'écoule, la zone de dépôt l'endroit où elle s'arrête. Une trace de montée au fond d'un vallon, sous des pentes raides, peut passer dans une zone de dépôt.
4. Contre la fonte, pas contre la pluie. Météo-France conseille : « Évitez les pentes raides et bien ensoleillées au début d'un réchauffement important, surtout après un épisode neigeux récent. » Et : « Pendant les périodes de réchauffement, notamment au printemps, soyez de retour suffisamment tôt pour éviter les coulées et avalanches de fonte. »
5. Ne pas s'attarder près des fissures. Pour les avalanches de fond, l'EAWS conseille : « Éviter les zones à proximité des fissures. » Le SLF précise : « il ne faut donc rester qu'un minimum de temps à proximité de gueules de poisson, ni en dessous, ni latéralement, ni au-dessus. »
6. Savoir renoncer. Météo-France reprend ce conseil : « N'hésitez pas à renoncer si les conditions sont trop douteuses. »
Avant de partir (notre synthèse des conseils EAWS et Météo-France, pas une règle) :
- La veille : le BERA cite-t-il « neige humide », et la pluie est-elle annoncée au-dessus de mon point de départ ? Mon itinéraire passe-t-il sous des pentes raides, dans un couloir ou dans une zone de dépôt ?
- Le matin : la nuit a-t-elle regelé sous un ciel dégagé, ou était-elle chaude et nuageuse ? Pleut-il, et le pied ou le ski s'enfonce-t-il profondément ?
Les erreurs à éviter
- Lire seulement le chiffre. Le 11/02/2026 en Belledonne, le risque était « marqué » en bas, avec de nombreuses avalanches annoncées sous la pluie.
- Croire qu'un versant nord protège. Sous la pluie, l'EAWS dit que toutes les orientations sont touchées.
- Se croire à l'abri parce qu'on ne la déclenchera pas. Le SLF dit que les avalanches mouillées partent rarement sous une personne : elles partent surtout seules, parfois au-dessus de toi.
- Compter sur un départ matinal sous la pluie. L'EAWS lie l'heure à l'orientation « sauf si le facteur dominant est lié à la pluie ».
- Croire qu'une coulée lente est sans danger. Le glossaire EAWS lui prête une « pression considérable sur les obstacles » ; Météo-France, des dépôts « parfois de plusieurs mètres d'épaisseur ».
- Croire qu'au-dessus de la pluie, tout va bien. Le 11/02/2026 en Belledonne, il neigeait plus haut : « Au-dessus de 1700m indice de risque fort ».
Pour l'ensemble des réflexes avalanche, voir le guide de la sécurité avalanche.
09Ce que nos données disent, et ce qu'elles ne disent pas
Snow Trace agrège des avalanches géolocalisées. Pour la France, ce sont des avalanches observées (data-avalanche.org), pas des accidents : 3 449 enregistrements publics datés du 14/02/2016 au 13/02/2026. La plupart (3 087 sur 3 449) tombent entre décembre et avril ; janvier en compte le plus (986), juillet à octobre seulement 20. Une seule saison pèse lourd : janvier 2021 compte à lui seul 284 des 986 observations de janvier ; et le nombre d'enregistrements augmente au fil des ans (173 en 2017, 469 en 2025).
Ce que ces chiffres ne disent pas. Nos enregistrements ne contiennent ni le type d'avalanche, ni la météo : nous ne savons pas lesquelles étaient des avalanches de neige humide, ni lesquelles ont suivi une pluie, et nous ne l'affirmons pas. Un mois n'est pas une cause. Ce sont des comptes, pas une prévision. Ces observations suivent aussi la fréquentation de la montagne, qui change avec la saison (notre hypothèse, non mesurée). Nous n'additionnons pas ces chiffres avec nos séries autrichiennes, suisses ou italiennes, qui recensent des accidents selon d'autres définitions.
Ce qu'il faut en retenir. Savoir si l'avalanche de demain sera humide ne se lit pas dans une statistique : c'est le bulletin du jour qui le dit.
Où se produisent les avalanches recensées — France (data-avalanche.org)
Survole, touche ou utilise les flèches sur chaque catégorie pour lire sa part dans les données.
Lire le profil
N: la valeur la plus fréquente de ces données — le cœur du profil type ici.
L’orientation de la pente. Le vent et le soleil chargent les expositions de façon inégale : les avalanches recensées sont rarement réparties uniformément sur la rose des vents.
D’après 3 449 avalanches géolocalisées. Aucune donnée de mortalité dans notre extraction pour ce secteur.
Avalanches recensées, jusqu’à ~10 ans : 3 449 avalanches observées et signalées en France (data-avalanche.org). Les avalanches passées montrent où le danger s’est concentré — elles ne prévoient pas le danger du jour. Consulte toujours ton bulletin local. À but éducatif uniquement.
La plupart tombent entre décembre et avril (3 087 sur 3 449), janvier en tête. Rien ici ne dit lesquelles étaient humides ni lesquelles ont suivi une pluie : sous la pluie, l'EAWS dit que toutes les orientations sont touchées, et seul le BERA du jour situe la neige humide.
10Ce que Snow Trace montre (et ne montre pas)
Snow Trace n'affiche aucune prévision de pluie, ni limite pluie-neige, ni isotherme 0 °C.
Sur la carte, sur chaque fiche topo et sur chaque fiche refuge, le calque « Bulletin avalanche » colore chaque zone selon le niveau de danger maximal publié par les services officiels (flux EAWS). Il n'affiche ni les situations typiques, ni les orientations, ni les altitudes : il ne te dira pas s'il y a de la neige humide. Le calque « Neige au sol · satellite » montre la neige observée, avec sa date d'observation : c'est un constat passé, pas une prévision. Les calques de la carte fonctionnent sans compte.
Les fiches topo, comme celles du Dôme de la Coche ou de la Croix de Chamrousse, donnent quand ils sont renseignés l'altitude maximale, le dénivelé et l'orientation, et un profil altimétrique quand le tracé existe : de quoi comparer ton itinéraire à la limite pluie-neige annoncée. Les fiches des offices de tourisme et bureaux des guides affichent un encadré « Bulletin avalanche » et, quand il est disponible, un lien « Bulletin officiel ».
Pour savoir où se trouve la neige humide, ouvre le bulletin officiel.
11Apprendre à lire la neige humide
Météo-France le dit du bulletin lui-même : « L'enseignement retiré du bulletin dépend bien évidemment de l'expérience et de la connaissance du milieu montagnard de chaque utilisateur. » Repérer une neige qui ne porte plus, situer une zone de dépôt, choisir l'horaire d'une sortie : cela s'apprend sur le terrain, avec des formateurs.
Si tu débutes en terrain d'avalanche, la suite logique est une formation avalanche : quand et où suivre un cours, et ce qu'on y apprend.
12Comment nous avons fait cette page
Page écrite par Robin Clerc, fondateur de Snow Trace. Chaque règle de sécurité est citée mot pour mot depuis une source datée (fiches EAWS de 2022, glossaire EAWS, aide à l'interprétation du SLF de novembre 2025, Guide avalanche 2025 et BERA Belledonne du 11/02/2026 de Météo-France), toutes relues le 11/10/2026. Les comptes d'avalanches viennent de nos données issues de data-avalanche.org ; les phrases « notre lecture » sont les nôtres. Rédigé avec l'aide d'un assistant IA, relu par Robin Clerc ; chaque chiffre renvoie à une source citée ou à nos données.
À retenir
- La pluie sur neige apporte de l'eau liquide : elle surcharge le manteau neigeux et diminue la cohésion de la neige (EAWS).
- Sous la pluie, la situation « neige humide » touche toutes les orientations sous la limite pluie-neige ; une pluie sur neige fraîche peut déclencher des avalanches quasi immédiatement.
- Les avalanches de neige humide partent surtout seules : le danger vient d'au-dessus, jusque dans les zones de dépôt.
- Dans le BERA, cherche « neige humide » parmi les situations typiques et la ligne « Pluie-Neige » de l'aperçu météo.
- Le choix de l'itinéraire et de l'horaire est le conseil central de l'EAWS ; partir tôt aide contre la fonte après une nuit de regel, pas sous la pluie ni après une nuit chaude et nuageuse.
Questions fréquentes
Pourquoi la pluie sur la neige est-elle dangereuse ?+
Elle apporte de l'eau liquide qui affaiblit la cohésion de la neige et peut s'accumuler à la limite entre deux couches ; l'EAWS ajoute que la pluie représente une charge supplémentaire. C'est la situation avalancheuse typique « neige humide », qui donne surtout des départs spontanés.
De la pluie après une chute de neige, c'est pire ?+
L'EAWS prévient : « L'occurrence de pluie sur de la neige fraîche peut conduire à des déclenchements d'avalanche quasi immédiats. » Le BERA Belledonne du 11/02/2026 annonçait ainsi de nombreuses avalanches sous la pluie, sous 1 800 m, le jour même d'une forte chute de neige plus haut.
Il a plu hier : puis-je sortir ce matin ?+
Pas sur la seule foi de l'heure. L'EAWS parle d'un danger qui dure « quelques heures à quelques jours » et lie le moment des départs à l'orientation, « sauf si le facteur dominant est lié à la pluie ». Les sources citées ici (EAWS, SLF, Météo-France) ne donnent aucun délai au bout duquel une pente redevient sûre : lis le BERA du jour. Après une nuit chaude et nuageuse, l'EAWS note que le problème se pose souvent dès le matin.
Un versant nord est-il plus sûr quand il pleut ?+
Non. Selon l'EAWS, en cas de pluie, la situation neige humide affecte toutes les orientations sous la limite pluie-neige. L'orientation compte surtout quand l'eau vient de la fonte au soleil.
Neige humide ou neige mouillée : quelle différence ?+
Pour le glossaire EAWS, les deux sont à 0 °C. Dans une neige humide, l'eau n'est pas visible et ne sort pas quand on la presse, mais on en fait facilement une boule ; dans une neige mouillée, l'eau est visible et sort quand on la presse. Le bulletin suisse nomme la situation « neige mouillée », le BERA « neige humide ».
Une coulée de neige humide, c'est grave ?+
Elle peut l'être. Le glossaire EAWS note qu'une avalanche de neige mouillée, plus lente, « exerce une pression considérable sur les obstacles ». Pour le SLF (bulletin suisse), les avalanches de neige sans cohésion peuvent atteindre « des tailles importantes sur un terrain constamment raide », « surtout en cas de neige mouillée ». Météo-France décrit des dépôts « parfois de plusieurs mètres d'épaisseur ».
Un skieur peut-il déclencher une avalanche de neige humide ?+
Rarement, selon le SLF, et pratiquement jamais une avalanche de glissement. Elles partent surtout seules, d'où le conseil de l'EAWS : attention aux zones de départ, de propagation et de dépôt des avalanches, y compris sous la trace.
Où voir la pluie sur neige dans le BERA ?+
Dans la ligne « Situation avalancheuse typique », sous le nom « neige humide », avec les orientations et altitudes concernées, et dans l'aperçu météo, à la ligne « Pluie-Neige ». Le bulletin officiel est sur le site de Météo-France, rubrique montagne.
Snow Trace prévoit-il la pluie ou les avalanches de neige humide ?+
Non. Snow Trace n'affiche ni prévision de pluie, ni limite pluie-neige, ni isotherme 0 °C. Le calque « Bulletin avalanche » montre le niveau de danger maximal publié par les services officiels, sans les situations typiques. Pour savoir où se trouve la neige humide, ouvre le bulletin officiel.