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Sécurité

Plaque à vent : comprendre, repérer et éviter ce piège

La plaque à vent en profondeur pour le skieur de randonnée : comment le vent transporte la neige et charge les pentes sous le vent, pourquoi une couche cohésive sur une couche fragile part sous un skieur, comment le BERA la décrit sous le nom « neige ventée », quels indices l'EAWS et le SLF citent, et ce qu'ils conseillent.

Mis à jour le 11 min de lecture

Par Robin Clerc, fondateur de Snow Trace

Plaque à vent : comprendre, repérer et éviter ce piège

01Plaque à vent : la réponse courte

Une plaque à vent est une couche de neige rendue cohésive par le vent, déposée sur les pentes abritées par-dessus une couche plus fragile. Un skieur peut la faire partir. Dans le bulletin avalanche de Météo-France (BERA), ce danger s'appelle « neige ventée » : repère ses orientations et altitudes dans le bulletin officiel, puis évite les pentes raides chargées.

Chaque règle de sécurité citée plus bas vient d'une source datée : l'EAWS, le SLF, Météo-France ou l'ANENA.

02Plaque à vent : définition

Une plaque, c'est une couche qui tient d'un bloc. Le glossaire de l'EAWS (l'association des services européens de prévision des avalanches) définit la neige cohésive comme une neige dont les grains sont assez soudés pour qu'un bloc isolé avec précaution ne s'effondre pas. Il précise : « La présence de neige cohésive est, outre celle d'une couche fragile, nécessaire pour qu'une avalanche de plaque puisse se produire. » Deux ingrédients, donc : une couche cohésive au-dessus, une couche fragile (peu soudée) en dessous.

Image utile (la nôtre, pas celle d'une source) : une planche posée sur des billes. La planche tient d'un bloc, les billes roulent ; une poussée au mauvais endroit, et tout glisse.

La plaque à vent est la version fabriquée par le vent. Dans sa fiche « Neige ventée » (approuvée par l'assemblée générale de l'EAWS à Davos en 2022), l'EAWS écrit : « Les plaques se forment lorsque la neige des couches à proximité de la surface (neige fraîche ou neige ancienne) est transportée et déposée par le vent. » Retiens la parenthèse : la fiche parle d'un transport « pendant ou après une chute de neige », et la neige ancienne compte aussi. Le BERA Mont-Blanc du 27/12/2023 présenté plus bas annonçait de « nouvelles plaques formées par le vent » alors que son graphique ne montrait aucune neige fraîche depuis quatre jours.

Ce qui part, et comment. L'EAWS classe la neige ventée parmi les « avalanches de plaque sèche ». Une avalanche de plaque se reconnaît à sa cassure : « La cassure est bien nette, formant un angle droit par rapport à la masse de neige qui a glissé » (glossaire EAWS).

« Plaque à vent » est le mot des skieurs ; « neige ventée » est le nom de la situation typique dans le vocabulaire européen et dans le BERA. C'est le même danger.

03Comment le vent fabrique une plaque

Le transport. Selon le glossaire de l'EAWS, le transport de neige « commence à partir d'une vitesse de vent d'environ 4 m/s (environ 15 km/h) pour une neige meuble, environ 10 m/s pour de la neige ayant plus de cohésion ». Il ajoute : « Le transport augmente comme le cube de la vitesse du vent, par ex. une vitesse de vent doublée augmente par huit le volume de neige transportée. Un maximum de transport est atteint pour des vitesses de vent comprises entre 50 et 80 km/h. »

Le dépôt. Pendant le transport, les cristaux roulent, rebondissent et se brisent ; selon la vitesse du vent et sa durée, leur taille peut tomber jusqu'à « 10 à 20 % de la taille initiale » (même glossaire). En se redéposant, ils s'imbriquent : « De ce compactage naissent des plaques cassantes. » Ce dépôt se fait sur la pente sous le vent, que l'EAWS définit ainsi : « Pente regardant dans la direction opposée à celle d'où vient le vent ; il s'y dépose plus de neige à cause du transport par le vent. La hauteur de neige y est ainsi souvent de plusieurs fois celle moyenne. »

La règle, et sa limite. D'après cette définition, un vent d'ouest charge d'abord les pentes orientées est. Mais le SLF (l'institut suisse pour l'étude de la neige et des avalanches) nuance dans son *Aide à l'interprétation du bulletin d'avalanches* (version de novembre 2025) : « Les pentes au vent et sous le vent ne se situent pas seulement à proximité des sommets, mais aussi sur des versants éloignés des crêtes. En raison de la configuration du terrain, la direction du vent diffère parfois nettement de la direction principale. » En pratique, suis les orientations que donne le bulletin.

Où la neige s'accumule : les zones d'accumulation. On appelle ainsi les endroits où le vent redépose la neige. Pour le glossaire EAWS, les zones préférentielles sont « les couloirs, les combes, les ruptures de pente et les zones à proximité des crêtes ». La fiche « Neige ventée » cite aussi les concavités (« ravines, cuvettes ») et l'arrière des lignes de crête.

La taille des accumulations. Le glossaire EAWS les classe par épaisseur :

  • petite : 5 à 20 cm ;
  • moyenne : 20 à 50 cm ;
  • grosse : plus de 50 cm.

Les corniches. Une corniche est un « Dépôt de neige fortement densifiée dans le versant sous le vent d'une crête, avec une partie surplombante » (glossaire EAWS). Elle signale qu'un vent a chargé ce côté de la crête. Sa rupture est aussi un danger en soi. Le SLF appelle surcharge tout ce qui ajoute une contrainte au manteau neigeux : un skieur, une dameuse, mais aussi la neige fraîche, la pluie ou une chute de corniche. Il classe la « Rupture de corniche » parmi les fortes surcharges, capables de déclencher des avalanches « même dans des conditions assez favorables ».

Pour le lien entre orientation, altitude et vent, voir aussi orientation, altitude et conditions de neige.

04Pourquoi la plaque à vent est dangereuse

Elle se déclenche facilement. La fiche EAWS est directe : « La neige ventée constitue une surcharge pour les couches fragiles et construit une structure de plaque qui peut se déclencher facilement. » La couche fragile se trouve « Généralement entre la neige ventée et la neige ancienne ou dans les couches de neige ventée en raison des variations de la vitesse du vent ». La fiche ajoute : « Parfois, un peu plus bas dans la neige ancienne. Dans ce cas, la situation avalancheuse "couche fragile persistante" se pose également. »

Un seul skieur peut suffire. Le SLF écrit : « Les accumulations récentes de neige soufflée sont souvent déclenchables même par une seule personne. »

Les avalanches de plaque dominent les accidents. L'ANENA (Association nationale pour l'étude de la neige et des avalanches), dans « 50 ans d'accidents d'avalanche en France » (Neige & Avalanches n°173, décembre 2023), sur les accidents qu'elle recense en France : « Lorsqu'une ou plusieurs victimes sont emportées par une avalanche, il s'agit dans 96 % des cas d'une avalanche de plaque (la cassure est linéaire) et dans 88 % des cas celle-ci est déclenchée par les victimes elles-mêmes ou des tiers. » L'étude couvre 1971-1972 à 2020-2021, sans préciser pour ces chiffres ni la période exacte ni l'effectif. Ils portent sur toutes les plaques, sans dire la part du vent.

Une plaque à vent peut réveiller une couche plus profonde. La fiche EAWS le prévoit (couche fragile « parfois, un peu plus bas dans la neige ancienne ») ; le BERA Mont-Blanc du 27 décembre 2023 l'illustrait : « Le déclenchement d'une plaque à vent peut localement solliciter une sous couche fragile persistante enfouie et entraîner une cassure plus importante : 40/80 cm. » Une sous-couche fragile persistante est une couche fragile qui, selon l'EAWS, peut exister « pendant plusieurs semaines ou mois » : voir la stabilité du manteau neigeux.

Petite, mais pas anodine. Le SLF note que lorsque peu de neige est transportable, les accumulations sont souvent si petites qu'un ensevelissement est plutôt improbable, puis ajoute : « Elles doivent surtout être évitées dans des terrains où une chute serait grave. »

05La plaque à vent dans le BERA : la situation « neige ventée »

Cinq situations typiques. L'EAWS définit cinq « situations avalancheuses typiques » communes aux services européens, dont la neige ventée ; notre article sur les cinq problèmes avalancheux les compare. Elles « complètent les informations fournies par le niveau chiffré de risque d'avalanche et les pentes les plus dangereuses (orientation et altitude) ». Dans le BERA, elles figurent sur la ligne « Situations typiques ».

Un exemple réel, lu ligne à ligne. Voici le BERA du massif du Mont-Blanc « Rédigé le mercredi 27 décembre 2023 à 16h ». C'est un bulletin ancien, montré pour apprendre à le lire, pas pour juger des conditions d'aujourd'hui.

Ce que dit le BERACitation (27/12/2023)Ce qu'on en tire
Niveau de risque« Au-dessus de 2000m risque limité, plus bas risque faible. »Risque 2 sur 5 en altitude
Situations typiques« neige ventée et plaque de fond »Deux dangers ce jour-là : la plaque à vent, et la « plaque de fond », que le glossaire EAWS rattache aux avalanches de glissement
Où et quoi« au-dessus de 2000 m, rares nouvelles plaques formées par le vent de sud-ouest »Une altitude et un vent dominant
Orientations« versants ombragés (ouest/nord/est) »Les pentes à éviter si elles sont raides
Sensibilité et taille« facilement déclenchables », « Taille 1 à 2 (petite à moyenne) »Peu nombreuses, mais faciles à faire partir

Trois réflexes en découlent. Lire le niveau ne suffit pas : ce jour-là, il était « limité », et pourtant les plaques étaient « facilement déclenchables ». Lire ensuite les orientations et altitudes : elles disent où se trouve le problème. Lire enfin la durée probable. Pour l'EAWS, la situation neige ventée « est principalement active pendant l'épisode de transport de neige par le vent et a tendance à se stabiliser dans les quelques jours qui suivent la tempête ». Le SLF nuance : elle « peut rester active plus de 3 jours, si les accumulations de neige soufflées peuvent toujours être déclenchées et sont encore identifiables ».

Appliquer ce bulletin à une sortie. Prenons, ce jour-là, une combe raide orientée nord à 2 500 m. Elle est dans les orientations et l'altitude citées : c'est le cas visé par le conseil de l'EAWS, « Éviter les zones d'accumulation en terrain raide ». Note que la règle de la pente sous le vent aurait surtout désigné, pour un vent de sud-ouest, les pentes nord-est ; le bulletin cite ouest, nord et est. Deux options :

  • choisir un itinéraire qui évite les pentes raides orientées de l'ouest à l'est en passant par le nord, au-dessus de 2 000 m ;
  • partir sur un versant ensoleillé : le bulletin n'y cite pas de plaque à vent, mais il y annonce de rares plaques de fond « en-dessous de 2500 m, dans les versants est à sud-ouest ». Relis toute la ligne avant de choisir.

Risque 2 et plaque à vent. Pour le bulletin suisse, le SLF l'explique : quand les plaques sont petites, « on utilise, malgré une probabilité élevée de déclenchement, souvent le degré 2 (limité) ». Ne lis jamais le chiffre seul.

Le BERA précise lui-même son périmètre : il est « valable en dehors des pistes balisées et ouvertes ». Pour lire le reste du bulletin, voir comment lire le BERA de Météo-France. Pour le massif du Mont-Blanc côté pratique, voir le ski de rando à Chamonix.

06Les signes de plaque à vent sur le terrain

Les indices ci-dessous sont ceux de l'EAWS et du SLF. Aucun ne remplace le bulletin.

Les indices de l'EAWS. La fiche « Neige ventée » dit : « Si elle n'est pas masquée par de nouvelles chutes de neige, cette situation avalancheuse peut être détectée sur le terrain moyennant une formation et une bonne visibilité. » Puis : « Les principaux indices sont les dépôts de neige ventée, l'activité avalancheuse récente, les craquements et « whoumpfs ». » Concrètement :

  • Des dépôts de neige ventée : les zones d'accumulation décrites plus haut, et les corniches qui les signalent.
  • Une activité avalancheuse récente : des cassures de plaque sur des pentes voisines de même orientation.
  • Des craquements : des fissures qui partent dans la neige sous tes skis.
  • Des « whoumpfs » : pour le glossaire EAWS, un bruit d'effondrement quand une couche fragile enfouie s'effondre. « Les whoumpfs sont un signe que le manteau neigeux est instable et sont fréquemment associés à l'apparition de fissures. Ce sont des signaux d'alerte clairs. »

Le conseil qui va avec, dans la même fiche : « Éviter les zones d'accumulation en terrain raide. »

Les terrains que le SLF signale. Le bulletin suisse cite parfois, « surtout en relation avec la neige soufflée », ces formes de terrain : « Combes et couloirs », « À proximité des crêtes », « Versants derrière les ruptures de terrain » et « Pieds des parois rocheuses ».

Les limites. L'EAWS prévient : « il est souvent difficile de dater les signes de transport de neige par le vent, et ces derniers ne sont pas toujours associés à une instabilité ». Une plaque récente recouverte de neige fraîche peut être invisible ; par mauvaise visibilité, ces indices disparaissent. L'absence de signe ne prouve donc rien.

07Que faire face à une plaque à vent

1. Lire le bulletin la veille. Note si « neige ventée » figure parmi les situations typiques, à quelles orientations et altitudes, et la taille annoncée. Le bulletin du jour se trouve sur le site de Météo-France (en Suisse, sur celui du SLF).

2. Éviter les zones d'accumulation raides. C'est le conseil de comportement de l'EAWS pour la neige ventée, mot pour mot : « Éviter les zones d'accumulation en terrain raide. » Le SLF ajoute pour les petites plaques : les éviter surtout « dans des terrains où une chute serait grave ».

3. Savoir ce que « raide » veut dire. Dans l'aide à l'interprétation du SLF, une pente « Raide » dépasse 30° ; d'après les données suisses (tous types d'avalanches), « 97 % des avalanches ayant tué des skieurs » concernaient des pentes de plus de 30°. Le SLF précise que, sans indication, le bulletin suisse vise « généralement » les versants de plus de 30°. Pour mesurer une pente avant de partir, voir la pente sur une carte topographique et l'inclinaison en terrain avalancheux.

4. Comprendre ce que font les distances. Les distances de délestage, l'écart entre skieurs, visent selon le SLF à éviter que les contraintes de plusieurs personnes se superposent. Mais il est nuancé : « les distances de délestage ne réduisent que très peu le risque de déclencher une avalanche. Mais les distances de sécurité aident surtout à diminuer le risque de plusieurs personnes ensevelies simultanément, et constituent donc une mesure judicieuse. » Garde tes distances pour qu'une seule personne soit prise si une plaque part, pas pour empêcher le départ. Deux skieurs proches l'un de l'autre comptent d'ailleurs, pour le SLF, parmi les fortes surcharges.

5. Porter le matériel et s'exercer. Pour le SLF, DVA, pelle et sonde « font désormais partie de l'équipement standard », un sac airbag est conseillé, et « il faut s'exercer régulièrement à les utiliser ». Si une plaque part, le temps compte : voir la courbe de survie en avalanche et le guide de la sécurité avalanche.

Trois questions avant une pente raide (notre synthèse des conseils EAWS et SLF, pas une règle de ces institutions) :

  • Le bulletin du jour cite-t-il la neige ventée à cette orientation et à cette altitude ?
  • La pente dépasse-t-elle 30° et est-elle chargée (combe, couloir, derrière une crête ou une rupture de pente) ?
  • Une chute, même sur une petite plaque, y serait-elle grave ?

Oui aux deux premières : c'est le cas visé par le conseil de l'EAWS, « Éviter les zones d'accumulation en terrain raide ». Oui aussi à la troisième : c'est le terrain où le SLF insiste pour les éviter.

Les erreurs fréquentes

  • Lire seulement le chiffre. Le BERA du 27/12/2023 annonçait un risque « limité » et des plaques « facilement déclenchables ».
  • Attendre une chute de neige. L'EAWS cite aussi la neige ancienne reprise par le vent.
  • Prendre l'absence de signe pour un feu vert. L'EAWS rappelle que ces signes sont difficiles à dater et peuvent être masqués par de nouvelles chutes.

Pour l'ensemble des risques du ski de randonnée, pas seulement l'avalanche, voir le ski de rando est-il dangereux ?.

08Ce que nos données disent, et ce qu'elles ne disent pas

Snow Trace agrège des avalanches géolocalisées. Pour la France, ce sont des avalanches observées (data-avalanche.org), pas des accidents : 3 449 enregistrements publics datés du 14/02/2016 au 13/02/2026, dont 143 sans orientation.

Méthode. Recomptage le 14/10/2026 dans notre fichier d'avalanches (6 659 enregistrements, toutes sources) : nous gardons la seule source française, puis nous trions par orientation de la pente.

OrientationAvalanches observées (France)
Nord645
Nord-est553
Est420
Sud-est353
Sud239
Sud-ouest203
Ouest353
Nord-ouest540

En une phrase. Les trois orientations nord (nord-ouest, nord, nord-est) totalisent 1 738 des 3 306 avalanches orientées, soit 53 % ; les trois orientations sud (sud-est, sud, sud-ouest) en totalisent 795, soit 24 %.

Ce que ce tableau ne dit pas. Nos enregistrements ne contiennent aucun type d'avalanche : nous ne savons pas combien étaient des plaques à vent, et nous ne l'affirmons pas. Une orientation n'est pas une cause, et ces comptes ne prévoient rien. Un réseau d'observateurs signale ces avalanches : les comptes suivent aussi les endroits où l'on observe. Pour les accidents mortels, l'ANENA explique le poids des versants ombragés par une instabilité qui s'y maintient (sous-couches fragiles persistantes) et par des pentes qui gardent la poudreuse, « et donc sans doute » plus fréquentées. Nous ne mélangeons pas ces chiffres avec nos séries autrichiennes, suisses ou italiennes, qui recensent des accidents selon d'autres définitions.

Ce qu'il faut en retenir. La pente sous le vent dépend du vent qui a soufflé, pas d'une orientation fixe. Aucune statistique d'orientation ne remplace le bulletin du jour, qui dit où se trouvent les plaques ce jour-là.

Interactif · avalanches recensées

Où se produisent les avalanches recensées — France (data-avalanche.org)

NNEESESSOONO

Survole, touche ou utilise les flèches sur chaque catégorie pour lire sa part dans les données.

NLe plus fréquentPart des avalanches recensées:19.5%0avalanchesRang:#1 sur 8

Lire le profil

N: la valeur la plus fréquente de ces données — le cœur du profil type ici.

L’orientation de la pente. Le vent et le soleil chargent les expositions de façon inégale : les avalanches recensées sont rarement réparties uniformément sur la rose des vents.

Toutes les avalanches:0

D’après 3 449 avalanches géolocalisées. Aucune donnée de mortalité dans notre extraction pour ce secteur.

Avalanches recensées, jusqu’à ~10 ans : 3 449 avalanches observées et signalées en France (data-avalanche.org). Les avalanches passées montrent où le danger s’est concentré — elles ne prévoient pas le danger du jour. Consulte toujours ton bulletin local. À but éducatif uniquement.

Les orientations nord dominent les avalanches observées (53 % des avalanches orientées). Ces données ne disent pas combien étaient des plaques à vent : seule la ligne « neige ventée » du BERA situe les plaques du jour.

09Apprendre à reconnaître la plaque à vent

L'EAWS le dit dans sa propre fiche : la neige ventée « peut être détectée sur le terrain moyennant une formation et une bonne visibilité ». Repérer une accumulation, dater un dépôt, décider de renoncer : cela s'apprend sur le terrain, avec des formateurs.

Si tu débutes en terrain d'avalanche, la suite logique est une formation avalanche : quand et où suivre un cours, et ce qu'on y apprend. Le SLF place « formation et expérience » en tête des points à prendre en compte hors des pistes.

10Ce que Snow Trace montre (et ne montre pas)

Sur la carte de Snow Trace, sur chaque fiche topo et sur chaque fiche refuge, le calque « Bulletin avalanche » colore chaque zone selon le niveau de danger maximal publié par les services officiels (flux EAWS). Il n'affiche ni les situations typiques, ni les orientations, ni les altitudes : il ne te dira pas s'il y a de la neige ventée. Snow Trace ne fait aucune prévision.

Les fiches des offices de tourisme et bureaux des guides affichent aussi le niveau de danger quand il est disponible, avec un lien « Bulletin officiel » : la fiche de l'office de tourisme de Chamonix renvoie au BERA du massif du Mont-Blanc, et la page Chamonix regroupe ce qui concerne la vallée.

Repère le niveau d'un coup d'œil, puis ouvre le bulletin officiel pour savoir où est la plaque à vent.

11Comment cet article a été préparé

Article de Robin Clerc, fondateur de Snow Trace. Les règles de sécurité viennent de documents datés, consultés le 11/10/2026 : la fiche « Neige ventée » et le glossaire de l'EAWS, l'aide à l'interprétation du SLF (novembre 2025), un BERA Mont-Blanc archivé (27/12/2023) et l'étude de l'ANENA (décembre 2023). Les principales citations ont été relues dans leur source le 14/10/2026, et nos comptes refaits le même jour dans nos fichiers. Rédigé avec l'aide d'un assistant IA, relu par Robin Clerc ; chaque chiffre renvoie à une source citée ou à nos données. Ce texte ne remplace ni le bulletin du jour ni une formation.

À retenir

  • Une plaque à vent est une couche de neige rendue cohésive par le vent, déposée sur les pentes sous le vent au-dessus d'une couche fragile.
  • Dans le BERA, elle apparaît sous le nom de situation typique « neige ventée », avec les orientations et altitudes concernées.
  • Un niveau de risque bas ne l'exclut pas : dans le bulletin suisse, le SLF explique que de petites plaques faciles à déclencher donnent souvent un degré 2.
  • Le conseil de l'EAWS : éviter les zones d'accumulation en terrain raide ; le SLF ajoute : surtout là où une chute serait grave.
  • Les signes de terrain (dépôts, avalanches récentes, craquements, whoumpfs) s'apprennent en formation et ne prouvent rien par leur absence.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une plaque à vent ?+

Une couche de neige transportée puis déposée par le vent, devenue cohésive, posée sur une couche plus fragile. Pour l'EAWS, elle se forme lorsque la neige proche de la surface, fraîche ou ancienne, est transportée et déposée par le vent. Elle peut partir d'un bloc sous un skieur.

Comment reconnaître une plaque à vent ?+

L'EAWS cite comme principaux indices les dépôts de neige ventée, l'activité avalancheuse récente, les craquements et les « whoumpfs ». Elle précise qu'il faut une formation et une bonne visibilité, et que ces signes sont souvent difficiles à dater et pas toujours liés à une instabilité. L'absence de signe ne prouve rien.

Où trouve-t-on des plaques à vent ?+

Très variable, mais généralement sur le versant sous le vent, dans les ravines et cuvettes, près des ruptures de pente et derrière les crêtes (EAWS). Le SLF rappelle qu'elles existent aussi loin des crêtes, et que le relief peut dévier le vent de sa direction principale. Le bulletin du jour dit quelles orientations et altitudes sont touchées.

Faut-il qu'il neige pour qu'une plaque à vent se forme ?+

Non. La fiche EAWS parle d'un transport « pendant ou après une chute de neige », de neige fraîche ou ancienne. Selon le glossaire EAWS, le transport commence vers 4 m/s (environ 15 km/h) pour une neige meuble. Le BERA Mont-Blanc du 27/12/2023 annonçait de nouvelles plaques formées par le vent alors qu'il n'avait pas neigé depuis quatre jours.

Combien de temps une plaque à vent reste-t-elle dangereuse ?+

Pour l'EAWS, la situation est surtout active pendant l'épisode de vent et tend à se stabiliser dans les quelques jours qui suivent. Le SLF précise qu'elle peut rester active plus de 3 jours si les accumulations sont encore déclenchables et identifiables. Suis l'évolution dans le bulletin.

Risque 2 (limité) : peut-il y avoir des plaques à vent ?+

Oui. Dans le bulletin suisse, le SLF explique que de petites plaques récentes, faciles à déclencher, conduisent souvent à un degré 2 parce qu'elles sont petites. Le BERA Mont-Blanc du 27/12/2023 annonçait un risque limité avec des plaques « facilement déclenchables ». Lis toujours les situations typiques, pas seulement le chiffre.

Les distances de sécurité empêchent-elles la plaque de partir ?+

Très peu, selon le SLF. Elles servent surtout à éviter que plusieurs personnes soient ensevelies en même temps, ce qui en fait une mesure judicieuse. Deux skieurs proches l'un de l'autre comptent en revanche comme une forte surcharge. Le SLF précise que ces indications de surcharge restent « grossières ».

Le BERA annonce de la neige ventée : puis-je quand même sortir ?+

Le BERA indique où se trouve le problème : orientations, altitudes, taille. Le conseil de l'EAWS : « Éviter les zones d'accumulation en terrain raide. » Le SLF ajoute de les éviter surtout dans des terrains où une chute serait grave. Cherche donc un itinéraire qui reste hors des pentes raides chargées aux orientations et altitudes citées.

Snow Trace indique-t-il les plaques à vent ?+

Non. Le calque « Bulletin avalanche » montre le niveau de danger maximal publié par les services officiels pour chaque zone, sans les situations typiques ni les orientations. Snow Trace ne fait aucune prévision : pour savoir où se trouvent les plaques à vent, ouvre le bulletin officiel de Météo-France.

Les versants nord ont-ils plus de plaques à vent ?+

Nos données ne permettent pas de le dire. Sur les 3 306 avalanches observées en France dont l'orientation est connue, 53 % partent des orientations nord-ouest, nord et nord-est, mais aucun enregistrement ne précise le type d'avalanche. La pente sous le vent dépend du vent qui a soufflé : lis les orientations citées par le BERA du jour.